Certaines rencontres sont de simples présentations ; d’autres se transforment en véritables échanges. Notre dernière tournée en Andalousie était de la seconde catégorie. Avant même la première pause-café, c’était la salle qui menait la conversation.
Partis de Malaga, nous avons rejoint Grenade pour le premier meetup, puis Séville deux jours plus tard, le 28 mai. Deux villes, deux marchés très différents, et pourtant une même question dans les deux salles : comment séduire le voyageur d’expériences de 2026 ?
Bonne nouvelle : on a parlé bien plus de croissance que de reprise. Car la vraie question, en 2026, n’est pas de vendre des tours et activités, mais de capter la demande de façon rentable. C’est précisément ce que les professionnels voulaient creuser : visibilité, réservation et marge, dans le quotidien de la vente d’expériences.
Première étape : Grenade, où la question est de se démarquer
Grenade déborde de beauté, de fierté et d’ambition à la fois. Les professionnels parlaient avec chaleur du flamenco, des expériences culturelles, de l’identité locale et, bien sûr, de l’Alhambra.
Derrière cette fierté, une question très concrète : comment continuer à croître dans une destination déjà célèbre, très recherchée et très concurrentielle ? Autour d’elle gravitaient des préoccupations bien spécifiques à Grenade :
- Se démarquer et se différencier
- Visibilité numérique et référencement sur Google
- Personnalisation et conquête des bons clients
- Création de nouveaux produits et d’expériences premium
À Grenade, la question est rarement « comment vendre plus de billets ». Elle est plutôt : comment se démarquer quand la destination est déjà célèbre et que quelques sites emblématiques façonnent toute la demande ?
Le flamenco a montré la voie. À Grenade, il est émotion, culture et atmosphère ; c’est aussi un produit que l’on peut enrichir de valeur plutôt que de le brader. Il en va de même pour l’accès aux monuments et la pression bien connue autour des billets de l’Alhambra. Et surtout, la discussion n’est pas restée bloquée sur le problème. Très vite, les professionnels ont imaginé ce qu’ils pouvaient bâtir autour : produits complémentaires, partenariats plus solides, expériences culturelles premium, et autant de raisons pour le voyageur de rester, de dépenser et d’explorer.
« Dans une destination mature, la croissance vient de la différenciation et de la valeur ajoutée, pas seulement du volume. »
Deuxième étape : Séville, où la question est d’atteindre le client
Deux jours plus tard, Séville respirait une énergie tout autre. Un autre profil de professionnels, une conversation plus commerciale. Si Grenade parlait de différenciation, Séville parlait d’accès au client et de la capacité à se faire trouver dans un marché saturé.
La concurrence revenait en tête, mais cette fois entourée d’autres enjeux : atteindre le client final, la présence en ligne, les canaux de vente, les commissions et la technologie.
D’où l’importance de la distribution. En 2025, la part des OTA dans les réservations de tours et d’activités a atteint 37 %, les réservations directes suivant de près. Le message n’était pas « les OTA, c’est mal », mais quelque chose de plus utile :
« Voyez les OTA comme du marketing à la performance, pas comme une dépendance subie. »
Le budget marketing a amené un moment plus posé, plus réfléchi. Beaucoup de professionnels n’y consacrent qu’une petite part de leur chiffre d’affaires, et certains n’ont aucun budget défini. L’idée qui revenait sans cesse : ici, le marketing ne se résume pas à la publicité. Il recouvre chaque point de contact entre votre entreprise et le client :
- votre site web et votre parcours de réservation
- vos avis et votre fiche Google
- vos annonces sur les OTA et vos photos
- vos e-mails et réponses après réservation
Chacun de ces points est une occasion d’être choisi.
Le moment de la visibilité face à l’IA
L’un des moments les plus forts à Séville a été un simple test en direct. Nous avons demandé aux professionnels d’ouvrir ChatGPT, Gemini ou un autre outil d’IA et de chercher comme le ferait un voyageur : « Que faire à Séville ? », « meilleure expérience de flamenco », « meilleure visite culturelle ».
Les réactions étaient très humaines. Certains souriaient en se voyant apparaître. D’autres étaient surpris d’y trouver des concurrents à leur place. D’autres encore remarquaient que l’IA citait des OTA, des blogs ou Google, mais jamais leur propre site.
« L’IA n’invente pas votre réputation. Elle la reconstruit à partir de ce qu’elle trouve en ligne. »
Votre site, vos avis, vos contenus structurés, votre présence sur les OTA et votre fiche Google la nourrissent tous. Et cela compte un peu plus chaque mois. Dans son Marketing Playbook, Arival classe les chatbots d’IA parmi les canaux de découverte à la plus forte croissance, avec un indice de +41 pour les opérateurs touristiques. La bonne nouvelle : c’est entre vos mains. Plus vos contenus sont trouvables et cohérents aujourd’hui, plus vous serez visible là où les voyageurs commenceront à chercher demain.
Nous avons aussi eu le plaisir d’accueillir Cristina Rius, de Tiqets, à Séville. Elle a apporté le regard de la marketplace : comment les voyageurs découvrent les expériences culturelles, comment évolue la demande internationale, et pourquoi le contenu, la disponibilité et la confiance pèsent autant. Appartenir à un écosystème riche est un bon point de départ. Encore faut-il que le voyageur vous trouve, vous comprenne, vous fasse confiance et réserve.
Innovation produit et niveaux de prix
Dans les deux villes, un thème revenait sans cesse : l’innovation produit. Non pas comme un mot à la mode, mais comme la capacité concrète de créer davantage de raisons d’acheter. Les professionnels voulaient sortir du produit unique vendu à un prix unique.
Le prix s’y rattache naturellement. En 2025, environ 69 % des professionnels appliquaient encore des tarifs fixes : il y a donc beaucoup à gagner rien qu’en ajoutant de la structure. Et nul besoin d’une tarification dynamique complexe pour commencer. Partez de niveaux de valeur : basique, standard, premium, VIP. Quelques exemples venus de la salle :
- Un spectacle de flamenco : places standard, places premium ou formule avec boisson
- Une visite culturelle : version premium en petit groupe ou visite privée
- Un hammam : forfaits en couple, rituels plus longs ou prestations en option
L’objectif n’est pas seulement d’augmenter le prix, mais de rendre la valeur visible, pour que le voyageur choisisse l’expérience qui lui correspond.
Pourquoi les meetups locaux comptent
Le meilleur des deux événements s’est joué loin des diapositives, autour d’un café ou de l’apéritif de networking. Et la valeur circule dans les deux sens : entre Regiondo et les professionnels, et entre les professionnels eux-mêmes.
Grenade et Séville nous ont offert deux visages complémentaires du marché andalou. Des villes différentes, des profils différents, une même vérité : le voyageur continue d’acheter, mais il choisit avec plus de soin.
FAQ: Quels sont les plus grands défis pour vendre des tours et activités en 2026 ?
ANS: La demande est repartie : le vrai défi n’est donc plus de susciter l’intérêt, mais de capter cette demande de façon rentable. Les professionnels citent la concurrence, la différenciation, la visibilité numérique, l’accès au client final, la gestion des canaux et des commissions, et la tarification comme les facteurs décisifs en 2026.
FAQ: Comment les opérateurs touristiques doivent-ils gérer les OTA par rapport aux réservations directes ?
ANS: Voyez les OTA comme du marketing à la performance plutôt que comme une dépendance subie. Servez-vous-en pour gagner en visibilité et en demande, tout en continuant de développer vos réservations directes via votre site, vos avis et la relation client. En 2025, les OTA représentaient 37 % des réservations de tours et d’activités, les réservations directes juste derrière : c’est l’équilibre entre les deux qui fonctionne le mieux.
FAQ: Qu’est-ce que la visibilité face à l’IA et pourquoi est-elle importante pour les prestataires d’expériences ?
ANS: La visibilité face à l’IA, c’est le fait d’apparaître quand les voyageurs demandent des recommandations à des outils comme ChatGPT ou Gemini. L’IA n’invente pas votre réputation : elle la reconstruit à partir de ce qu’elle trouve en ligne, à savoir votre site, vos avis, vos contenus structurés, votre présence sur les OTA et votre fiche Google. Comme les chatbots d’IA sont le canal de découverte à la plus forte croissance pour les opérateurs touristiques, des contenus trouvables et cohérents deviennent un vrai atout pour être choisi.
FAQ: Comment les professionnels peuvent-ils créer des produits premium sans tarification dynamique complexe ?
ANS: Commencez par des niveaux de valeur plutôt que par une tarification dynamique. Proposez la même expérience en versions basique, standard, premium et VIP. Un spectacle de flamenco peut ajouter des places premium ou une formule avec boisson, une visite peut devenir une option en petit groupe ou privée, et une expérience bien-être peut inclure des prestations en option. L’idée est de rendre la valeur ajoutée visible pour que le voyageur choisisse le niveau qui lui convient.
FAQ: Combien un opérateur touristique doit-il consacrer au marketing ?
ANS: Il n’y a pas de chiffre universel, mais beaucoup de professionnels n’y consacrent qu’une petite part de leur chiffre d’affaires, et certains n’ont aucun budget défini. Le plus utile est de changer de regard : le marketing, c’est toute la présence commerciale de l’entreprise, du site web au parcours de réservation, en passant par les avis, la fiche Google, les photos et les e-mails de suivi. Investissez là où le voyageur décide vraiment de réserver.
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