Cyclotourisme – En selle pour la reprise du tourisme intérieur

Le besoin des Français de se reconnecter avec la nature et les activités de plein air n’a jamais été aussi pressant. Les récentes études et projections suggèrent une reprise de l’activité touristique par le segment du tourisme intérieur et par des activités de « slow travel ». Le cyclotourisme représente un axe de développement majeur pour répondre à ces 2 leviers de croissance émergents. Quelles sont les particularités de ce segment ? Comment exploiter le fort potentiel de croissance du cyclotourisme dans une offre commerciale ciblée sur le tourisme intérieur?

Tourisme à vélo: tendances et potentiel

Le tourisme à vélo représente plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur l’Hexagone. Ce segment génère plus de 16 000 emplois en 2019 avec des retombées économiques locales très positives de l’ordre de 65 à 105 euros de dépenses journalières. Ces chiffres sont très importants pour prendre conscience du potentiel du segment. Pour comparaison, le panier de dépenses journalier moyen en 2019 était de 54 euros par touriste, par jour. Le cyclotouriste dépenserait donc, en moyenne, 20 à 40% de plus par jour que le touriste lambda !

Autre facteur important : le lissage de la saisonnalité. Le tourisme à vélo se pratique toute l’année avec un pic d’affluence au printemps et en été à 63 %, les 37 % restant étalés sur l’automne et l’hiver.

Le ratio touristes nationaux et internationaux est stable avec 25% d’étrangers (principalement des Allemands, Américains, Canadiens et Australiens). Cela laisse 75% de la demande historique au marché intérieur. L’argument du cyclotourisme comme vecteur important de la relance touristique en France s’appuie sur des évolutions profondes des usages touristiques vers des activités axées sur le bien-être et plus respectueuses de l’environnement.

En fonction du type d’utilisation, on distingue 2 grandes catégories de cyclotouristes:
· Les ‘itinérants’, qui changent d’hébergement au cours de leur séjour.
· Les touristes ‘sédentaires’ qui utilisent un vélo comme mode de déplacement ponctuel (balades, excursions, courses…).

Les itinérants ont des demandes de services plus spécifiques, par exemple sur les types d’hébergement (camping, gîtes avec des équipements adaptés). De même, la proximité des pistes cyclables et voies vertes sera également un facteur important.

Au regard des études et projections, le potentiel du cyclotourisme comme puissant levier de la reprise touristique en France apparaît bien réel. Les tendances de fond de changement de la demande touristique vers les activités en extérieur sont amplifiées par l’effet de la demande refoulée due aux restrictions sanitaires. Ces facteurs suggèrent que le cyclotourisme a bel et bien un rôle central à jouer dans la reprise de l’activité et particulièrement dans le segment du tourisme domestique. Mais si la demande est présente, encore faut-il que les infrastructures et l’offre de service suivent.

Tourisme à vélo et tourisme intérieur: peut-on servir et absorber la demande?

Au risque de gâcher le suspense, la réponse est oui.

Le territoire national est un des mieux développé en Europe, et au monde, en ce qui concerne l’infrastructure. Le réseau national des pistes cyclables et voies vertes dédié exclusivement aux cyclistes couvre près de 23 000 km. Des itinéraires emblématiques comme la Vélodysée (Loire-Atlantique), la Loire à Vélo (Val-de-Loire), la Via Rhôna offrent des richesses culturelles et géographiques qui mettent en valeur toute la diversité des attractions naturelles et des patrimoines gastronomiques, historiques et culturels régionaux. Plus de 5 500 km d’itinéraires touristiques régionaux et 3000 « circuits route et VTT » viennent compléter ce maillage national.

La capacité à absorber la demande croissante du secteur repose aussi sur l’écosystème de prestataires de services directement et indirectement liés à la pratique du vélo. Plus de 3200 prestataires offrent des services adaptés aux cyclistes itinérants. L’éventail est large et diversifié, des loueurs, réparateurs en passant par les hébergements, les sites touristiques historiques et naturels mais aussi les haltes insolites

Le soutien des partenaires publics est solide avec l’inscription du tourisme à vélo dans les contrats de destinations avec les régions et un investissement des collectivités locales dans les infrastructures de près de 1,5 milliards d’euros sur les 10 dernières années. A ces investissements conséquents s’ajoutent les actions d’organisation et de promotion touristique menées avec les OT, CDT et CRT.

Enfin, les actions de promotion et de sensibilisation menée par les associations Vélo en France, créé par la Fédération française de cyclotourisme, Véloroutes et voies vertes de France, pour le développement des vélos routes, et par France vélo tourisme, sur les itinéraires, les points d’intérêt touristiques participent au développement et à la promotion efficace de l’offre de cyclotourisme auprès de la clientèle nationale.

Conclusion

Depuis une dizaine d’années, les pouvoirs publics et les associations et fédérations sportives ou professionnelles ont collaboré pour structurer et développer une filière du tourisme à vélo diversifiée, mature et attractive. Le tourisme à vélo est un segment en forte croissance, présentant une forte attractivité économique avec un taux de dépenses journalières locales largement supérieur à la moyenne. Les opérateurs d’activités de tourisme ont la possibilité de capturer le fort engouement de la demande touristique intérieure pour le cyclotourisme. N’hésitez plus! Intégrez dès maintenant une offre de tourisme à vélo innovante et variée à votre offre commerciale et positionnez-vous pour la reprise de l’activité du tourisme intérieur. Tous en selle !